Mbour — Le président de l’Association sénégalaise de lutte contre la drépanocytose (ASD), Maguèye Ndiaye, a plaidé, vendredi, pour le dépistage précoce de cette maladie chez les enfants, surtout en milieu scolaire, où elle fait « beaucoup de ravages ».

« Depuis deux ans, nous avons mis en place un plan d’actions national qui implique le dépistage en milieu scolaire. Actuellement, nous avons, à peu près, 800 élèves qui ont été dépistés gratuitement, dans plusieurs localités du pays. C’est à nous donc de mettre tout cela dans une formule bien déterminée, qui permettra de le soumettre aux autorités scolaires », a déclaré M. Ndiaye.

Il s’exprimait à l’occasion d’une session d’information et de sensibilisation sur la drépanocytose, organisé à Mbour à l’intention des relais communautaires.

Selon lui, il est « très difficile » d’avoir « une scolarité normale » quand on a la drépanocytose. Et c’est ce qui justifie l’organisation, ce samedi, à l’école élémentaire Cheikh Ahmadou Lô de Mbour, d’une séance de dépistage gratuit de la maladie.

« Le fait de faire des dépistages dans les établissements scolaires nous permet de dire aux autorités éducatives que cette maladie est bien là et que l’enfant drépanocytaire mérite une attention particulière par rapport aux autres élèves. C’est aussi une manière à nous de montrer au ministère de l’Education nationale que c’est une maladie qui peut toucher tout le monde, fait mal », a lancé le président de l’ADS.

D’après Maguèye Ndiaye, la situation de la drépanocytose est « très alarmante » au Sénégal pour plusieurs raisons.

« D’une part, le Sénégal est un pays pauvre et le ministère de la Santé et de l’Action sociale, dans son protocole de prise en charge, est très lent. C’est une maladie qui a été découverte depuis 114 ans et jusqu’à présent il n’y a aucune forme de prise, alors que la prise en charge annuelle d’un drépanocytaire tourne autour de 500 mille francs CFA. Les malades se débrouillent seuls et il n’y a pas assez de médecins spécialisés », a-t-il dénoncé.

Il a déploré l’absence d’un recensement correct des drépanocytaires. Les seules statistiques disponibles indiquent que cette maladie toucherait entre 8 et 10% de la population.

Organisée en collaboration avec la cellule départementale de Mbour de l’ASD, la session d’information et de sensibilisation des relais communautaires a eu pour cadre l’Unité de traitement ambulatoire (UTA) de l’Etablissement public de santé de niveau (EPS1) de Mbour.

« Nous avons estimé que, pour lutter efficacement contre la drépanocytose, il faut démultiplier l’information et la sensibilisation et offrir aux relais communautaires, qui constituent des éléments extrêmement essentiels dans le dispositif médical, la possibilité d’avoir la bonne information par rapport à cette maladie », a expliqué M. Ndiaye, pour justifier la pertinence d’une telle activité.