Au Congo, une femme sur vingt-huit meurt des suites d'un accouchement et
l'on enregistre en moyenne sept cent quatre-vingt décès maternels pour
cent mille naissances.
Tandis que soixante-quinze décès surviennent chez les enfants de
moins d'un an sur mille naissances: des chiffres qui inquiètent, comme
l'ont appris les journalistes, à l'occasion d'une session de formation
organisée du 5 au 7 juillet 2010 par l'Association congolaise pour le
bien-être familial avec l'appui financier du Fonds des Nations Unies
pour la population.
La formation visait l'amélioration du traitement des questions
relatives à la santé sexuelle et de la reproduction par les
professionnels des médias, considérés par les organisateurs comme des
acteurs majeurs du changement des mentalités. Au total ; dix-sept
animateurs d'émissions de radio et de télévision et journalistes de la
presse écrite ont participé à cette formation.
Les sujets évoqués : la planification familiale, les droits en santé
sexuelle et de la reproduction ainsi que la communication pour le
changement des comportements, constituent un important problème de santé
publique au Congo.
En effet, les grossesses non désirées, les avortements, ajoutés aux
besoins non satisfaits en services efficaces de planification familiale,
sont des facteurs importants de la forte morbidité et la mortalité
maternelle, infantile, juvénile et infanto-juvénile constatées.
Les décès maternels son causés à 40% par les hémorragies; 18,8% par
des infections post abortum (après avortement); 17,5% par des dystocies
(difficultés pendant l'accouchement); 11% par des hypertensions
artérielles. Plusieurs causes favorisent les mortalités maternelles,
notamment des grossesses trop jeunes (précoces), trop tardives, trop
nombreuses ou trop rapprochées; des retards dans la recherche des soins
et dans le transfert vers le centre de santé le plus approprié ou dans
l'administration des soins de qualité.
Les pesanteurs socioculturels ajoutent aux difficultés : elles se
traduisent par les comportements néfastes de certains conjoints et
professionnels de santé ainsi que de la population en général, qui ont
une vue restrictive de la planification familiale et semblent en ignorer
les avantages.
En outre, le statut de la femme tel que le conçoivent les sociétés
traditionnelles africaines (elle est reconnue pour sa capacité à
procréer) ainsi que les considérations d'ordre religieux et l'influence
des familles élargies constituent un contexte environnemental inadéquat à
la promotion d'une meilleure santé sexuelle et de la reproduction et de
la planification familiale.