Les États-Unis vont lancer une initiative vigoureuse en vue de réduire
la faim et la malnutrition dans le monde en investissant dans les pays
qui ont dressé une stratégie visant à accroître leur production de
produits vivriers, à créer des marchés solides et à susciter les
investissements du secteur privé dans le domaine de l'agriculture.
Ce projet, baptisé Initiative alimentaire pour l'avenir, augmentera
les revenus d'au moins 40 millions de personnes au cours de la prochaine
décennie et réduira la sous-nutrition chronique chez les enfants, a
déclaré M. Rajiv Shah, administrateur de l'Agence des États-Unis pour le
développement international (USAID).
M. Shah a énoncé les grandes lignes de l'Initiative alimentaire pour
l'avenir lors d'un symposium tenu le 20 mai à Washington sous les
auspices du Conseil de Chicago sur les affaires mondiales. Apporteront
leur savoir-faire à ce projet différentes agences du gouvernement
fédéral, dont l'USAID, les ministères de l'agriculture et des finances,
la Société du compte du millénaire (Millennium Challenge Corporation ou
MCC) et le Corps de la paix, en collaboration avec jusqu'à 20 « pays
ciblés » en Afrique, en Asie et en Amérique latine.
En juin 2009, le président Obama s'est engagé à allouer au mois 3,5
milliards de dollars sur trois ans au développement agricole et à la
sécurité alimentaire, dans le but d'assurer à ceux qui en ont besoin de
par le monde un accès durable à une nourriture saine et des revenus
suffisants pour se la procurer. Le Congrès devra approuver le budget
définitif de l'initiative.
L'Initiative alimentaire pour l'avenir pourrait cibler les pays suivants
en Afrique, en Asie et en Amérique latine respectivement : Éthiopie,
Ghana, Kenya, Libéria, Mali, Malawi, Mozambique, Ouganda, Rwanda,
Sénégal, Tanzanie et Zambie ; Bangladesh, Cambodge, Népal et Tadjikistan
; Guatemala, Haïti, Honduras et Nicaragua. Tous ces pays ont des
revenus faibles, une importante population rurale et un taux élevé de
malnutrition infantile. La plupart d'entre eux ont déjà engagé la
participation de leurs communautés locales et de leurs organisations non
gouvernementales aux efforts visant à améliorer la productivité
agricole et le commerce agroalimentaire régional. Les États-Unis
fonderont leur décision quant à des investissements au-delà de la
période initiale de trois ans sur les résultats accomplis dans ces pays.
Washington s'attend à avoir fourni des fonds, dans le cadre de
l'Initiative alimentaire pour l'avenir, à 15 des 20 pays potentiellement
ciblés d'ici à la fin de 2010. Les investissements seront alloués selon
les priorités des pays en question tandis que ceux du secteur privé
viseront certains domaines spécifiques tels l'entreposage des céréales
et les systèmes d'information sur les marchés internationaux, a expliqué
M. Shah. Les pays africains participant à l'Initiative alimentaire pour
l'avenir ont indiqué qu'ils favorisaient les investissements américains
qui viendraient accroître le commerce régional de leurs produits
agricoles.
M. Shah a ajouté que plusieurs pays avaient déjà déployé d'importants
efforts pour mettre en à "uvre des stratégies dans le domaine de
l'alimentation et des investissements afférents. Il a pris note du fait
que le Rwanda avait accru sa production alimentaire de près de 50 %
depuis 2006 en multipliant les investissements gouvernementaux dans le
secteur agricole.
Certains pays ont formé des partenariats avec de gros acheteurs de
produits alimentaires internationaux afin de créer une demande et des
systèmes d'approvisionnement durables. Wal-Mart, par exemple, qui est le
plus grand vendeur au détail du monde, Ã "uvre de concert avec les
agriculteurs de l'Amérique centrale pour les aider à améliorer leurs
méthodes d'entreposage des récoltes.
La stratégie énoncée par le gouvernement Obama donne la priorité aux
femmes qui travaillent la terre et qui sont responsables de la majorité
de la production agricole dans les pays en développement. « Quand les
femmes contrôlent les revenus, elles sont plus susceptibles de les
dépenser pour améliorer l'accès de leur famille aux soins médicaux, à
l'éducation et à la nutrition », a dit M. Shah.
Le ministre américain de l'agriculture, M. Tom Vilsack, a mis
l'accent sur le fait que le gouvernement fédéral prévoyait d'accorder
aux femmes du crédit, des services d'appoint et des bourses de
recherche. L'Initiative alimentaire pour l'avenir ciblera
particulièrement la recherche accrue dans le domaine des techniques
agricoles et de la biotechnologie. Les programmes de recherche
coordonnés par le ministère de l'agriculture et l'USAID compteront la
participation d'universités américaines et internationales de même que
celle des entités du secteur privé.
M. Vilsack a ajouté que la nouvelle initiative consacrera aussi des
ressources considérables aux programmes d'alimentation dans les écoles
qui constituent souvent la seule source de repas nutritifs pour de
nombreux enfants. « Il s'agit d'aider les populations à être en bonne
santé et leurs pays à avoir une économie saine, dit-il. Et pour cela, il
vous faut des gens bien éduqués. »
Le ministre de l'agriculture a souligné que le bénévolat jouerait
également un rôle dans l'Initiative alimentaire pour l'avenir. Certains
programmes, tel « De fermier à fermier » qui est géré par des groupes
non gouvernementaux, visent à établir des relations entre des
agriculteurs et des experts de l'agroalimentaire américains avec leurs
homologues dans les pays en développement avec lesquels ils partagent
leurs compétences et leur savoir-faire à titre bénévole.