Le ministère de la Santé a organisé une conférence de presse sur l'épidémie de la méningite au Burkina, le jeudi 22 avril 2010 à Ouagadougou. Il s'est agi, au cours de cette rencontre qui a connu la participation des partenaires techniques et financiers, de donner des informations sur les mesures prises pour éviter une généralisation de la menace de l'épidémie de méningite.
Le pays des Hommes intègres fait actuellement face à des foyers d'épidémie de méningite. C'est ainsi que du 1er janvier au 18 avril 2010, un total cumulé de 5118 cas suspects de méningite dont 718 décès ont été déclarés dans l'ensemble des formations sanitaires du pays. Au cours de cette période, onze districts sanitaires situés dans sept régions administratives (districts de Nanoro dans le Centre-Ouest, de Pama à l'Est, de Titao, de Gourcy et de Séguénéga au Nord, de Batié au Sud-Ouest, de Pouytenga au Centre-Est, de Barsalogho au Centre-Nord et de Toma et Tougan dans la Boucle du Mouhoun), ont franchi le seuil épidémique de 10 cas pour 100 000 habitants en une semaine. Cependant, au cours de la période du 12 au 18 avril 2010, six districts sont toujours en épidémie (Séguénéga, Gourcy, Toma, Pouytenga Tougan et Barsalogho).
Pour faire face à une éventuelle épidémie au Burkina, le ministère de la Santé a initié un plan de préparation de riposte et des mesures pour contrecarrer le phénomène. Les mesures prises sont entre autre le pré-positionnement et le renforcement progressif des stocks en médicaments et en consommables des formations sanitaires, la disponibilité d'un stock de sécurité de 839 000 doses de vaccins anti-méningocoques A+C et l'acquisition de 39 000 doses de vaccins supplémentaires, la mise à disposition des laboratoires de districts et des laboratoires nationaux de référence de réactifs et de consommables pour l'identification des germes responsables des cas de méningite. S'ajoutent également à ces dispositions, la conduite de missions d'appui à la description des cas à l'identification des germes, la préparation et la mise en oeuvre des mesures de riposte dans les districts touchés, la tenue régulière et de façon hebdomadaire de la réunion du comité national de gestion des épidémies.
Le renforcement de la surveillance épidémiologique a permis aux laboratoires de référence de détecter une nouvelle souche de méningocoque, le Neisseria meningitidis A dans les premiers centres sanitaires comme germe responsable de l'épidémie. La poursuite de la surveillance épidémiologique et les investigations des cas de méningite ont permis aux laboratoires d'identifier le Neisseria meningitidis dans les quatorze formations sanitaires du territoire.
Cela a suscité une campagne de vaccination de masse ou la prise en charge des malades par le gouvernement burkinabè quels que soient les sérogroupes de méningocoques responsables d'épidémie (A, B, W135, X, D, Y, Z, E29 et le Neissaria meningitidis X).
En rappel, le Neisseria meningitidis X fait partie des différentes variétés appelées sérogroupes de méningocoques. Il présente les mêmes symptômes que les autres formes de méningite et il n'existe pas de vaccin pour le moment pour l'éradiquer.
Les antibiotiques sont retenus pour le traitement des patients dans les centres de santé et les victimes de cette maladie sont les jeunes de moins de 30 ans qui représentent environ 90% des cas. N'ayant pas un vaccin contre le Neisseria meningitidis X, la stratégie de contrôle de l'épidémie due au méningocoque X sera axée sur le renforcement de la prise en charge des malades dans les formations sanitaires.
Les responsables de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont signalé que la nouvelle souche de méningocoque existe dans cinq pays de la sous-région (Niger, Ghana, Nigeria, Tchad et Burkina Faso) et que le Niger est le réservoir des germes de méningocoque.
A cette rencontre, le ministre de la Santé, Seydou Bouda, a sollicité la contribution des acteurs de la santé, des responsables administratifs, des autorités communales, des ONG et des différents médias pour l'information et la sensibilisation des populations pour une consultation précoce dans les centres de santé devant tout signe évocateur de méningite.
« Mon département a déjà pris les dispositions pour rendre disponibles les médicaments efficaces et les consommables médicaux nécessaires pour une prise en charge gratuite des cas de méningite », a dit le ministre Bouda. Il a enfin souligné que la surveillance des cas et des analyses se poursuit dans les laboratoires afin d'adapter les stratégies de riposte à l'évolution de la situation épidémiologique.
Quant au responsable du laboratoire pédiatrique Charles-de-Gaulle de Ouagadougou, Mme Ouédraogo /Rasmata Traoré, le plan de riposte de l'épidémie depuis le début de l'année s'élève à 860 millions de F CFA. Elle a mentionné qu'au Burkina, des études ont été menées pour identifier les différents sérogroupes qui s'y présentent au niveau de la population.
Cela permettra, en terme de vaccins, de déduire s'il y a eu, un impact efficace. Elle a en outre demandé à la population de se faire prendre en charge lorsqu'il y a une épidémie dans une localité quelconque. Les autorités sanitaires, à travers le ministre de la Santé, disent attendre un vaccin anti-Neisseria meningitidis d'ici la fin de l'année 2010.