Cri d'alarme des malades du Sida. Because le Programme multi-pays VIH/Sida (MAP), financé par la Banque mondiale, n'a plus que dix mois de survie en RDC, après six années de présence. Seulement, le bilan de la prévention contre la pandémie et celui de l'accompagnement médical des patients sont fort en deçà des attentes.
Seconde mauvaise nouvelle. Des programmes antisida mis en place par des bailleurs de fonds touchent à leur fin. Selon les ONG du secteur humanitaire, la RDC risque d'être confrontée à des pénuries d'antirétroviraux (ARV). Ce qui aura pour conséquence d'accroître la mortalité des patients vivant avec le VIH.
De Scylla en Charybde, le Plan d'urgence initié par le président américain pour lutter contre le Sida devrait interrompre son aide. Or, c'est lui qui fournissait des traitements contre les maladies opportunistes ainsi qu'un soutien aux laboratoires.
Coup de massue. Le mécanisme de financement international - UNITAID - qui apportait des traitements de seconde génération et des ARV pédiatriques, se retire, lui aussi, en 2011. Dans ce contexte, le Fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme devient le seul bailleur finançant les traitements contre le VIH en RDC. Une position très difficile après la cessation du programme MAP de la Banque mondiale.
Il y a de quoi être furieux quand on découvre, après des décennies de tralala organisé par une myriade d'ONG, que seulement 10% des personnes ont accès aux ARV sur les 35000 identifiées comme étant dans le besoin en RDC. Cet accablant témoignage provient de Médecins Sans Frontières (MSF).
Selon MSF, «la principale raison qui explique le petit nombre de patients sous traitement ARV est le manque de financement». Manque de financements? Vous voulez rire? Mais, à quoi ont exactement servi les dizaines de millions du Fonds mondial? A faire des conférences? A organiser des séminaires? A rémunérer les «experts»?
La faute incombe aux bailleurs qui ont encouragé la multitude d'ONG à investir le secteur VIH, sans mettre en place une coordination entre eux. Résultat: de l'argent facile pour le fonctionnement des ONG alors que des millions de patients ne sont et ne seront jamais pris en charge.
Dorénavant, Messieurs les bailleurs, vous avez le choix. Entre financer le fonctionnement des ONG blablateurs. Et financer la fourniture des ARV pour soigner les sidéens congolais. Cela sentirait la bonne gouvernance «A-R-Vitique».