Début 2013, le premier médicament spécifique du traitement de l’éjaculation précoce sera disponible en France. Il multiplie par trois le délai d’éjaculation et ses effets secondaires sont mineurs. La vie sexuelle d’un tiers des hommes – et donc des femmes – est perturbée par l’éjaculation précoce. La perspective d’avoir accès à un médicament efficace dès le début 2013 suscite donc des espoirs. Ce médicament, c’est la dapoxétine. Déjà en vente en Allemagne, en Espagne ou encore en Italie, ce traitement spécifique de l’éjaculation prématurée restait inaccessible dans l’Hexagone. Sur les forums, certains hommes se plaignent de devoir l’acheter sur internet, « sans garantie et comme si on avait une maladie honteuse », témoigne l’un d’entre eux. Du côté des médecins, on se réjouit aussi de l’arrivée prochaine de la dapoxétine en France. « Enfin ! soupire le Dr Sylvain Mimoun, andrologue à l’hôpital Cochin à Paris. Cela fait plusieurs années que nous attendons ce médicament. » Il faut dire que pour prendre en charge ce trouble de la sexualité, les moyens étaient limités. « En fait, avant la dapoxétine, aucun médicament n’avait reçu d’autorisation de mise sur le marché pour l’éjaculation prématurée, explique le Pr Marc Zerbib, urologue à l’hôpital Cochin. Il y avait des techniques comme « le stop and go »* mais ce ne sont que des pis allers. » Face à ce quasi-désert thérapeutique, les sexologues et andrologues prescrivaient donc des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, qui sont en fait des antidépresseurs. Mais, prendre des médicaments réservés au traitement de la dépression pour traiter une éjaculation précoce présente des risques.
L’intérêt de la dapoxétine
Tout d’abord, il multiplie par trois le délai d’éjaculation. Or, un homme souffrant de ce trouble éjacule au maximum au bout d’une minute. « Cela reste malgré tout largement en-dessous de la durée moyenne d’un rapport sexuel, puisque c’est entre 7 et 15 minutes, déclare le Pr François Desgrandchamps, urologue à l’hôpital Saint-Louis à Paris. Donc, ça soigne mais ça ne guérit pas. Ensuite, il faut accepter qu’il y ait des grands et des petits, des hommes qui courent vite et d’autres moins vite, et certains qui éjaculent vite et d’autres moins vite. » L’autre grand avantage de cet antidépresseur, c’est qu’il a une action quasi-immédiate.

Etienne Atta (source notresanté)