Dans le cadre de la lutte contre le tabagisme, le ministère de la Santé a organisé le 10 juillet à Bobo-Dioulasso un atelier régional de sensibilisation sur le contenu des dispositifs antitabac. Il s’agit pour les acteurs de la santé de promouvoir la diffusion de la loi antitabac ainsi que ses textes d’application en vue d’encadrer la lutte contre le fléau au Burkina.

Le tabagisme est considéré de nos jours comme un problème de santé publique dans la plupart des pays du monde. C’est pour lutter contre ce phénomène que le Burkina a adopté la loi n° 040-2010/AN portant lutte contre le tabac le 25 novembre 2010. Ce dispositif a été renforcé par plusieurs décrets pris par l’Etat burkinabè pour la mise en oeuvre de la loi sus-citée.

Plusieurs acteurs régionaux dont des hauts commissaires et des forces de l’ordre conviés à l’atelier ont été sensibilisés sur le contenu de ce dispositif antitabac.

Ainsi, le décret portant création du Comité national de lutte contre le tabac, celui définissant les lieux publics et transports en commun où il est fait interdiction de fumer et le décret portant conditionnement et étiquetage des produits du tabac au Burkina constituent le nouvel arsenal juridique qui vient étoffer une base de données juridiques déjà existantes en la matière.

Faut-il le rappeler, c’est la convention cadre de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la lutte antitabac élaborée en 2003 qui constitue le cadre global de la lutte.

Et les recommandations qui en ont découlé exigent de chaque Etat l’adoption des instruments internes à l’effet de sa mise en œuvre. De l’avis du docteur Narcisse Naré, Directeur de la santé des adolescents, des jeunes et des personnes âgées (DASPAJ), la consommation du tabac expose les sujets à des pathologies diverses dont le cancer, la pneumonie et des maladies digestives.

Le DASPAJ a par ailleurs dressé l’état des lieux jugé inquiétant au niveau de certains groupes sociaux notamment chez les élèves, les enseignants et le personnel de la santé.

Mme Salimata Ky/Ouédraogo membre de l’Union des associations de lutte contre le tabac, a rappelé quelques stipulations de la loi antitabac qui interdit, entre autres, la culture industrielle du tabac au Burkina et l’exigence à charge des firmes du tabac, d’étiqueter les effets néfastes sur les paquets de cigarettes.

Vers une épidémie tabagique ?

A en croire les organisateurs de l’atelier, il existe un acharnement de l’industrie du tabac à l’endroit des jeunes. Cette campagne de marketing commercial de plus en plus agressive conduit à un relèvement du niveau du tabagisme au Burkina. Des études ont en effet montré des taux de prévalence du tabagisme de l’ordre de 20,4% chez les scolaires de 13 à 15 ans en 2001 ;

27,3% chez les enseignants du secondaire de 23 à 56 ans la même année et 18,35% chez les adultes du secteur informel de 19 à 57 ans en 2000. Plusieurs facteurs dont la méconnaissance des méfaits du tabac expliquent ce taux élevé des fumeurs.

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