Alcool : l’ennemi n°1


L’alcool est bien une drogue en vente libre. Cette affirmation est le résultat d’une étude, réalisée sous la direction du professeur Roques, sur différents produits toxiques, tels que les drogues dures, certains médicaments et l’alcool. Le rapport Roques a eu l’effet d’un couperet en plaçant l’alcool au même niveau que l’héroïne. Au-delà de cet alarmant constat ce rapport met en cause notre environnement social, culturel et économique.


L’alcool est une drogue au même titre que l’héroïne et la cocaïne. Tel est donc le résultat de l’étude menée à la demande du Secrétaire d’Etat à la Santé, Bernard Kouchner, par l’équipe du professeur Roques autour de différents produits toxiques.
Les scientifiques ont ainsi établi un classement selon lequel les produits les plus dangereux sont l’alcool, l’héroïne et la cocaïne. Viennent ensuite les psychostimulants, les hallucinogènes et le tabac puis, en troisième position, le cannabis et les benzodiazépines. L’ecstasy n’a pas été classé par manque d’informations sur l’un des critères retenu pour cette étude, à savoir le degré de dépendance psychique lié à ce produit. Car, pour mener à bien cette comparaison entre produits toxiques, les chercheurs se sont interrogés sur 5 critères : la dépendance physique, la dépendance psychique, la toxicité pour le système nerveux central, la toxicité générale pour l’organisme et l’environnement social et économique.
Afin d’obtenir des résultats fiables, Bernard Kouchner a demandé à l’équipe du professeur Roques de s’appuyer sur les meilleures études nationales et internationales déjà réalisées sur le sujet. Ensuite, chaque produit toxique a été étudié selon la grille de critères (confère tableau). Tous les produits ont été classés dangereux pour la santé, mais le rapport souligne que l’alcool arrive en tête pour chaque critère retenu.


Dépendance et toxicité


Tout d’abord, en ce qui concerne les dépendances physique et psychique, le rapport montre que l’alcool suit le même schéma de dépendance que des drogues comme l’héroïne. Il s’agit d’un véritable piège qui se met en place très rapidement. La guérison est parfois très longue (confère article « Les chemins de la dépendance »). Au-delà de la dépendance, l’alcool est décrit comme très dangereux pour l’organisme. Le rapport Roques souligne ainsi que la consommation d’alcool provoque une neurotoxicité très grave.
En effet, la présence d’alcool dans le corps créé des lésions et une dégénérescence de certaines parties du cerveau, ce qui se traduit par une perte de neurones.
Les encéphalopathies (affections du cerveau) entraînent des dysfonctionnements du foie très importants, causant des crises d’épilepsie, le coma ou le décès du sujet. L’ivresse, un autre exemple de trouble du système nerveux, peut elle déclencher des crises de delirium tremens.
Outre les dangers occasionnés sur le système nerveux, les chercheurs se sont penchés sur les risques pour l’organisme en général, le rapport met ainsi l’accent sur le facteur héréditaire.
Par exemple, une femme enceinte qui consomme en moyenne 4 à 5 verres d’alcool par jour (70 à 75 ml d’éthanol) sera la cause d’un syndrome alcoolique fatal chez 30 à 40 % des nouveau-nés.
Une consommation moyenne de 2 verres d’alcool (30 ml d’éthanol) durant les premiers mois de grossesse, peut être la source de plusieurs types de malformations chez le nouveau-né. Le poids de celui-ci serait même diminué de 180 g dans le cas où le père aurait consommé 30 ml d’éthanol par jour, le mois précédent la fécondation.


Une bombe à retardement


Mais, l’alcool n’est pas seulement dangereux pour le buveur et sa descendance. C’est aussi un danger pour la société.
L’actualité récente l’a encore prouvé qui a montré des hordes de hooligans avinés semer la violence à Marseille et ailleurs. Oui, l’alcool est une tare pour la société. D’après les chiffres d’une étude menée par le professeur Got il y a quelques années, il est la cause de 30 % des accidents mortels sur les routes, de 20 % des accidents domestiques, de 15 % des accidents du travail et de 80 % des bagarres.
Le rapport précise également que la manière est un facteur tout aussi important. En effet, les réactions ne sont pas les mêmes selon que le buveur est occasionnel, accoutumé ou excessif. Le caractère et la personnalité du buveur ainsi que ses références culturelles, doivent être pris en compte. Le rapport du professeur Roques tient à souligner que l’environnement économique et social est un facteur très important puisqu’il incite à la consommation de ces produits toxiques. Ainsi, le chômage ou l’individualisme peuvent pousser les consommateurs à se réfugier dans la drogue. C’est le cas de l’ecstasy consommé par des milliers de jeunes lors des rave-party.


Source:http://perso.orange.fr