L’afflux d’immigrés de ces derniers jours sur les côtes italiennes pourrait représenter les points d’entrée d’un virus contre lequel il n’existe aucun remède

Le ministère italien est catégorique : plus de 6 000 candidats à l’immigration clandestine en Europe attendent en Libye l’occasion propice pour sauter dans le premier navire en direction de Lampedusa. La petite île sicilienne est devenue la première des étapes pour les désespérés, majoritairement africains, qui font la traversée de la Méditerranée au péril de leur vie. Chiffres confirmés ou contestés notamment par les associations humanitaires qui crient à la surenchère délibérée, il demeure que la question de l’arrivée massive des immigrés en Italie pose problème.

Ces flux représentent « une véritable menace politique », soutient un mouvement xénophobe comme La Ligue du Nord. Il ils sont aussi une menace sécuritaire, soulignent aussi bien la police que les gendarmes (les carabiniers) italiens, qui craignent que parmi les migrants puissent aussi s’infiltrer des militants d’Al Qaïda ou des partisans du terrorisme fondamentaliste. Les immigrés proviennent de pays comme la Somalie, l’Érythrée, l’Irak, le Pakistan ou la Syrie en guerre, des pays où les rivalités politiques ont aussi donné à voir des partisans et des adversaires de la violence ; une contradiction qui pourrait se prolonger sur les terres d’accueil en Europe.

Pour leur part, les autorités sanitaires évaluent le volet du risque sur la santé que ces flux migratoires pourraient représenter. Lorsqu’ils débarquent à Lampedusa, les immigrés sont en principe soumis à une visite médicale, avant d’être renvoyés vers leurs pays de départ, le plus souvent, ou que leurs dossiers de demande d’asile soit analysé dans le détail. Cette procédure a d’ailleurs été au centre d’un scandale récent, une association de volontaires sanitaires ayant souvent utilisé de puissants jets d’eau froide sur des immigrés dénudés, devant le regard de tous, « pour les désinfecter ».

« La bactérie du virus Ebola qui est en train de frapper des pays africains comme la Guinée, le Libéria, la République centrafricaine et d’autres pays voisins est la plus agressive qui soit. À ce jour, elle a déjà causé la mort de 130 personnes », croient savoir deux sénateurs : Lorenzo Battista, secrétaire de la commission Défense, et Luis Alberto Orellana de la commission Affaires étrangères de la chambre haute italienne. Pour eux, il n’est pas question de se demander s’il faut se protéger contre une menace aussi lointaine.

« Le président de l’Association des microbiologistes italiens, Pierangelo Clerici, l’a dit avec clarté : il est grand temps que l’Italie engage des mesures de précaution dans les aéroports et centres d’accueil [des migrants]. Le réseau des laboratoires de microbiologie clinique en Italie comprend des centres de référence ayant des structures d’isolement et les capacités techniques adaptées de diagnostic pour ce genre de pathologies », ont affirmé les deux élus.

Ils ont ajouté que, pour eux, la menace était bien réelle: « Ces jours-ci, nous voyons arriver des centaines et des centaines d’immigrés dont beaucoup provenant de l’Afrique centrale et équatoriale, des pays où ont lieu, pour certains, des conflits ethniques et des guerres civiles. Il y a lieu d’activer une sorte de task force dans les centres de premier accueil, dans les ports et aéroports et surtout à Lampedusa, à Pantelleria et sur les côtes d’Agrigente », ont-ils recommandé.